Le Revenu garanti que nous voulons

Ce qui suit est une déclaration du Conseil d’administration du Réseau canadien pour le revenu garanti.

Le revenu de base, le revenu minimum garanti, l’allocation universelle, l’impôt négatif et d’autres termes semblables font la manchette, sans que leur sens soit précisé. Beaucoup de variantes sont possibles, chacune ayant ses couts et ses bénéfices. Pour en discuter de façon constructive il faut comprendre comment elles sont conçues et les principes qui les sous-tendent.

Les critères de conception incluent (entre autres) le montant des prestations, le mode de versement, sa fréquence et comment on traite des revenus additionnels. La conception du nouveau régime doit aussi tenir compte de questions critiques telles que : quels programmes sociaux le revenu garanti doit remplacer et pour quels motifs ; quels autres programmes est-il important de garder, renforcer et bâtir.

Pour le RCRG, un revenu de base est un revenu qui garantit à tous le moyen de subvenir avec dignité à leurs besoins fondamentaux, qu’ils aient un emploi ou non. Nous croyons que des principes tels que l’universalité, l’inconditionnalité, la sécurité, l’autonomie, la dignité, l’équité économique et l’égalité des sexes doivent guider la conception d’un régime de revenu minimum garanti et le dialogue entourant celui-ci.

Un bon programme de revenu garanti pour le Canada;

  • Permet à chacun d’avoir à la fois (1) un revenu discrétionnaire qu’il peut utiliser comme il l’entend pour satisfaire ses besoins ; et (2) accès aux services publics universels;
  • N’a pas à remplacer les programmes sociaux qui fonctionnent assez bien, tels que des versions de revenus de base déjà versés aux jeunes (0-17) et aux ainés (65+), ou aux programmes conçus à d’autres fins comme l’Assurance-emploi ou le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec;
  • Remplace les prestations d’aide sociale qui imposent à leurs bénéficiaires des conditions paternalistes et stigmatisantes dont sont exemptés les autres Canadiens;
  • Procure la sécurité d’un plancher de revenu ajusté à la hausse à cause de l’inflation et à la baisse graduellement en fonction de l’augmentation d’autres revenus. Le revenu de base serait bonifié dans des circonstances particulières telles que l’invalidé ou la monoparentalité, en tenant compte des avantages déjà prévus par la fiscalité et d’autres programmes;
  • Ne laisse personne dans une situation économique pire qu’avant l’implantation d’un revenu garanti, améliore de façon importante le bien-être de ceux qui subissent la pauvreté la plus extrême et, à cette fin, changer les services qu’on reçoit à titre d’assisté social en des services liés au revenu;
  • Fonctionne de concert avec les services publics universels tels que les soins de santé, l’éducation, les garderies et l’assurance médicaments, et, avec le temps, réduit la part de l’appel à ces services qui est une conséquence de la pauvreté et de l’exclusion;
  • Ne remplace pas le salaire minimum, l’équité salariale ou toute autre mesure qui assure l’impartialité du fonctionnement du marché de l’emploi rémunéré et n’empêche pas la création de nouveaux emplois de qualité. Un revenu garanti bien conçu ne remplace pas, non plus, le besoin d’une stratégie de logement abordable, d’une lutte contre le racisme et toutes formes de discrimination ainsi qu’aux autres facteurs liés à l’inégalité; et
  • S’appuie sur une fiscalité juste et progressive.

Le revenu garanti n’est pas une panacée, ni est-il exempt de risques. Mais nous croyons que les faits penchent nettement en sa faveur. Nos options sont de continuer comme on le fait en assistant à toujours plus de pauvreté et d’insécurité… ou de faire différent et mieux.

 


Please check your e-mail for a link to activate your account.